Edito d'EUGENIE AMRI

 

Le développement de la protection sociale et des solidarités collectives, grâce à l’essor de l’Etat Providence,  a été la caractéristique majeure du 20ème siècle.

 

Cet Etat est aujourd’hui en crise, pour des raisons qui ne sont pas que financières. Le modèle social français –  qui est pourtant un formidable système de solidarité -  est ainsi décrié. Le lien social qui produit de la solidarité entre les membres de la société ne naît pas spontanément. L’intégration qui en découle ne se construit pas au hasard,  d’autant qu’elle se trouve affectée par la transformation des valeurs (montée de l’individualisme), les changements économiques (passage des « Trente Glorieuses » aux « Trente Piteuses »).

 

La cohésion sociale n’est donc jamais définitivement et véritablement acquise. Une société doit toujours veiller à se construire : le paradigme français en fait aujourd’hui les frais.

 

Si crise il y a, elle résulte d’une certaine forme de solidarité dite «  intergénérationnelle », trop peu prise en compte, et qui intéresse d’abord le financement des retraites mais s’étend également à la protection sociale dans son ensemble (maladie, vieillesse, chômage).

 

Cette question  de lien entre les générations apparaît comme fondamentale pour notre société. Mais alors que l’actualité ne cesse de nous démontrer la pérennité du problème de solidarité intergénérationnelle, la prise de conscience s’opère timidement chez nos concitoyens.

 

Preuve en est : le financement des retraite qui fait débat en ce moment même. En effet, le système de répartition actuel des retraites, synonyme de solidarité, semble avoir atteint ses limites. Le Président de la République, Nicolas Sarkozy, a bien compris que sa réforme était une nécessité absolue.

 

« On dit que les nouvelles générations sont difficiles à gouverner » rapportait Alain. Force est de constater que cette remarque est toujours d’actualité, le problème se posant même avec de plus en plus d’acuité.

 

Après la fracture sociale chère à Jacques Chirac, la fracture générationnelle sous l’ère Sarkozy ? Vivons nous ce que les sociologues appellent communément une crise du lien social ? Faudra t-il en passer par un new deal sociétal ?

 

Autant de questions qu’il nous faut soulever et qui nous amènent à repenser le rapport à l’autre et à inventer un nouveau mode de pensée du « vivre ensemble ».

 

Parce que nous voulons un pays de solidarité et non d’abandon, le Mouvement des Jeunes pour l’Ouverture a décidé de s’intéresser de près à la question des liens de solidarités entre générations, désirant être en la matière une force de proposition  loin de toute démarche purement analytique et statique.

 

La loi des générations est en marche et s’impose aujourd’hui à tous. A nous de savoir en saisir les enjeux.